jeudi 16 août 2007

Hoax 2 : Relations Nicolas et Cecilia

Jeudi 16 aout 2007 :

Quel plaisir de redécouvrir un hoax avec le recul du temps et s’apercevoir que ceux qui véhiculent ce type d’information ne prennent même pas le temps de lire ce qu’ils envoient ou transférent.

Voici donc un petit hoax, probablement lancé durant la campagne électorale, mais qui continue à tourner

Vive la France et ses 53% d'umpistes

Pas de doute avec ce titre : ce hoax a été écrit après l’élection de Nicolas Sarkozy mais, comme nous allons le voir, avant son investiture.


Comme vous l'avez remarqué au cours de la soirée électorale, Cécilia Sarkozy n'était pas là ! Et pour cause, elle vit depuis un mois à Miami avec un jules. En fait, elle est juste revenue voter pour repartir aussi sec d'où la présence des filles.

Deux magnifiques contre vérités dans un premier paragraphe : voilà un hoax qui promet.
Les Sarkozy semblent être amoureux des Etats-Unis. Avant les vacances estivales à Wolfeboro, voici donc Miami. A part que Cecilia préfère New-York à la mégapole de Floride

Ensuite, grâce à l’enquête du JDD, tous le monde sait que Cecilia Sarkozy n’a pas voté au second tour. Et si quelqu’un pouvait m’expliquer cette fin de phrase sybilline , « d'où la présence des filles. »

Je ne comprends pas pourquoi ce mail continue à tourner. Cécilia, et ses enfants étaient à la prise de fonction à l'Elysée. Tout le monde à pu le voir à la TV ou dans ke numéro de Match consacré à cette journée.

Evidemment les histoires de "people" on "s'en fou" un peu sauf que... la raison de son départ est plus sérieuse et plus grave qu'une simple coucherie !

Donc, étant donné qu’elle est des plus présentes depuis la prise de fonction à l'Elysée, si départ il y a eu, ce serait pour une simple coucherie. Mais encore faut il que ce départ ait eu lieu. Ce qui n’est point le cas. Cecilia Sarkozy est là et bien là, entre deux voyages en Lybie ou aux States.

Il y a un mois, fin Mars, Cécilia Sarkozy a déposé une main courante au commissariat du 7é arrondissement pour.... agresse et coups!

Elle a signalé que son mari avait littéralement démoli tout ce qui se trouvait dans leur appartement, puis l'avait frappé dans un accès de folie !

On ne va pas s’étendre sur l’orthographe de ce passage mais, c’est si c’est une agression, pourquoi une « main courante » qui n’engage personne et pas une plainte en bonne et due forme ? Seule explication plausible : préparer un éventuel divorce à la charge du conjoint mais, au vue de la tournure ultérieure des événements, cela ne semble pas être le cas.

Et pire dans tout ça... c'est que ce n'est pas la première fois qu'elle s'en "manque une" ! A la lecture de ces faits, on pourrait se dire que n'importe qui peut péter les plombs un jour où l'autre, oui d'accord... sauf que Nicolas Sarkozy n'est pas n'importe qui, c'est (peut-être) notre futur président de la république !

Savoureux de lire cela dans un message envoyé le 10 aout 2007. A moins que nous soyons en train de parler des élections de 2012 !

Avoir des problèmes de couples n'est pas grave et même courant... mais taper sur sa femme, ou sur son homme (mais oui, ça arrive!) ça c'est une autre histoire.

Seul point de réelle lucidité de ce message. La violence conjugale est un fléau qui doit être combattu comme tel.

Il y a des lois pour ça!

Voilà comme je l'ai dit dans le titre CECI N'EST PAS UNE RUMEUR.

Argument massue des Hoax. Combien de fois a t’on lu dans des histoires de type « la mygale dans le yucca », « l’épingle au VIH » ou autre « la main du voleur accrochée à la portière » : « Ceci n’est pas une rumeur ». C’est même tellement récurrent que c’est devenu un des premiers signes avant-coureur de la présence d’un Hoax.

"La main courante" est au main du premier ministre.

Outre le fautes d'orthographe contenues dans ce message, j'avoue être sceptique sur ce point : une main courante, c'est un registre destiné à recueillir des déclarations des visiteurs d'un commissariat, déclaration dont le visiteur ne veut pas en faire une plainte mais signaler un événement qui, plus tard, pourra éventuellement certifier sa bonne foi Personnellement, j'ai eu à en faire quelques-unes au commissariat de Vitrolles il y a quelque temps, et je dois dire que maintenant, je sais comment cela marche.

Ce registre peut tout à fait être informatisé, dans le cadre des processus de modernisation de l'Administration en France, (ce n’est pas le cas à Vitrolles) mais ça ne change rien au fond: le registre en question est et demeure au commissariat. Si nécessaire, dans le cadre d'une procédure, par exemple, il est possible d'en obtenir une copie (j'ai pu le faire, mais c'est strictement surveillé, il vaut mieux), mais je ne vois absolument pas comment le Premier Ministre pourrait détenir le registre en question ?!

De plus, pour autant que je sache, les personnes habilitées à intervenir sont dans l'ordre les policiers, le commissaire, le commissaire divisionnaire, le Préfet, puis le Ministre de l'Intérieur. Si procédure il y a, l'affaire passe alors entre les mains du magistrat chargé d'instruire l'affaire, éventuellement chapeauté par le Garde des Sceaux, le Ministre de la Justice en France, si c'est une affaire touchant à une personnalité haut placée.

De surcroit, une autre version plus courte et certainement antérieure à ce message spécifique omet cette précision. Donc, on peut conclure que celui qui a par la suite fait cet ajout visait à impliquer François Fillion.

Cette info circule dans toute les directions de tous les quotidiens que depuis une semaine mais personne ne veut la sortir... trop explosif! et trop dangereux! (l'entourage de Sarkozy s'emploie à étouffer l'affaire et des menaces PHYSIQUES sont faites à ceux et celles qui sortiraient l'info!).
De nombreux journalistes pensent et espèrent que Marianne lâchera l'info.

Marianne n’a pas lâché l’info tout simplement parce que c’est un hoax.
C’est aussi ce que j’appelle « la théorie X File ». Les médias ne parlent pas d’une information, ce n’est pas parce l’information est fausse ou non avérée mais, plutôt parce que ces mêmes médias sont muselés par le pouvoir en place. Ici, ce bon vieux Mulder a du travail avec ces « menaces physiques ».

Et bien sûr ce sont sur les blogues de journalistes.... indépendants que vous pourrez trouver ces infos!

Probablement au rayon « blagues » de journalistes.

dimanche 12 août 2007

Hoax 1 : Indemnités des députés

Dimanche 12 aout 2007

Il y a quelques temps, vous avez reçu un message mettant en avant les indemnités de nos députés. Nous allons nous amuser à reprendre ce message, l’analyser et à le remettre dans le contexte

« Pour chaque député non réélu les Français devront payer 417 120 Euros = 60 mois x 6952 euros d'indemnités ..... Nouvelle indemnité chômage des députés »

Donc, d’après ce message, un député battu va recevoir durant cinq ans 6952.00 euros par mois.

« Les élus de la gauche à la droite sont tous d'accord ! Les médias ne pipent pas mot !!! Et à l'issue des 5 ans , ils percevront "à vie" 20 % de ce traitement !!! »

Donc, toujours d’après ce message, ils toucheront ensuite 1390.40 euros à vie.

« Alors , faîtes des efforts , travaillez pour payer des impôts qui serviront à payer les "golden parachutes" de nos députés . 5 ans d'indemnité "chômage" pour les députés = parachute en or de 417.120 Euros . Mais pourquoi 5 ans ? C'est précisément le temps d'une alternance législative. »

Bon, assez rigolé et passons à la vérité. CE message parle en fait de « l’allocation d'aide au retour à l'emploi » qui est un dispositif spécifique d'assurance chômage à l'instar de ce qui existe pour les salariés du secteur privé.

L'ancienne formule de dédommagement d'un député quittant l'assemblée ( Allocation d'aide au retour à l'emploi) était de six mois à taux pleins. Les groupes parlementaires, contre l'avis de Debré et de Bayrou, sur proposition des Questeurs, ont changé la règle (et non le montant de base incriminé) pour le rendre dégressif sur cinq ans.

Ce dispositif d'allocation comporte quatre caractéristiques :
1/ L'allocation est versée aux anciens députés sans emploi et à eux seuls, cela en application des décisions prises en 2003
2/ L'allocation repose sur le principe de solidarité entre les députés. Le dispositif est financé par une cotisation – 0,5 % de l'indemnité parlementaire de base – prélevée chaque mois à cet effet sur l'indemnité parlementaire des députés en fonction et reversée au Fonds de garantie des anciens députés.
3/ L'allocation est différentielle c’est à dire que l'allocation dont peuvent bénéficier les anciens députés est égale à la différence entre un pourcentage - dégressif dans le temps - de l'indemnité parlementaire et le total de leurs ressources personnelles. Les indemnités éventuellement liées à l'exercice de fonctions ou de mandats locaux, comme les autres revenus de quelque nature qu'ils soient, sont ainsi déduites du montant de l'allocation.
4/ L'allocation est temporaire et dégressive. Le pourcentage de l'indemnité parlementaire pris en compte pour le calcul de l'allocation est dégressif dans le temps ; 100 % de l'indemnité parlementaire de base pendant les 6 premiers mois, 70 % pendant le 2èmc semestre, 60 % pendant le 3èmc semestre, 50 % pendant le 4èmc semestre, puis 5 % de moins chaque semestre pendant les 6 derniers semestres.

« C'est scandaleux ! Au moment où les candidats nous parlent des efforts que devront consentir les Français pour réduire la dette et qu'ils dénoncent le train de vie dispendieux de l'Etat. L'information sur la nouvelle indemnité "chômage" des députés a d'abord été révélée par "Le Canard Enchaîné" du 7 février 2007. Puis reprise et précisée par le Midi Libre le 1er Mars 2007.

Curieusement à part ces deux médias, silence du côté des télés, radios ou des autres journaux, habituellement toujours prompts à dénoncer les parachutes en or de certains grands patrons (certes avec raison...). »


Ce qui est plus curieux, c’est que si, en effet, le Canard enchainé a été le premier à en parler à cause d’impératif de diffusion cette nouvelle a été reprise par tous les médias et peut être lu par n’importe quel internaute sur le site de l’Assemblée Nationale, dans la rubrique « fiche de synthèse » (http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/indemnite.asp#alloc)

« Pourquoi pas plus d'écho sur cette affaire ? Sans doute parce que cette loi votée en douce, l'a été à l'unanimité de tous les groupes politiques : UMP, PS, UDF et PCF, qui pour s'octroyer des avantages savent parfaitement s'entendre. »

Avec cet extrait, nous avons la déviance typique des messages internet, ces fameux « hoax ». Il est savoureux de la comparer avec la première mouture de ce message paru aux environs de mars 2007 et qui était plus proche de la réalité :

« Pourquoi pas plus d'écho sur cette affaire? Sans doute parce que cette loi votée en douce, l'a été presqu'à l'unanimité de tous les groupes politiques sauf l'UDF, les groupes UMP, PS et PCF, qui pour s'octroyer des avantages savent parfaitement s'entendre. »

Le « sauf l’UDF » s’est transformé au cours du temps en « et l’UDF ». Il est vrai qu’il est plus porteur de parler « d’unanimité » que de « presque unanimité »

François Bayrou, dès février 2007, s’est élevé contre cette modification de la règle d’allocation et a même fait campagne sur ce sujet. Rendons à César …

« Pour chaque député non réélu les Français devront payer 417.120 Euros = 60 mois x 6 952 euros d'indemnités ! »

Reprise de la fausse information de l’introduction puisque, par exemple, les six derniers mois, cette allocation sera de 1930.00 euros et non de 6952 euros.

« La confiance règne sur l'issue du prochain scrutin et les coquins et les copains s'organisent : JL Debré avant de partir a fait voter une loi adoptée à l'unanimité et dans le silence complet afin qu'un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 mois son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour selon info sur site Assemblée nationale en net mensuel 5178 euros, brute 6 952 euros. Le total de 60 mois d'inactivité en brut mensuel coûtent 417 180 euros par député non réélu ! »

Plusieurs contre vérités dans ce passage. Nous ne reviendrons pas sur les 6952 euros mais sur le processus de la prise de décision. Tout d'abord, il ne s'agit pas d'un loi voté par le parlement dans le plus grand secret (ce qui est d'ailleurs impossible dans la législation française en temps de paix) mais d'une adaptation du règlement interne au bureau de l'Assemblée Nationale. Ensuite, comme nous l’avons vu, l’unanimité n‘était pas de mise puisque le groupe UDF n’a pas adopté cette modification de règlement. Ensuite, cette modification de règlement a été publié au journal officiel le 1er février 2007, publication qui a permis aux journalistes du Canard Enchainé de faire leur premier papier sur le sujet.

Suit ensuite une longue digression pour expliquer comment sont calculés le salaire de nos députés en exercice (et non le montant de l’allocation)

« Les indemnités attribuées aux députés ont été définies par l'ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958. L 'indemnité de base est calculée "par référence au traitement des fonctionnaires occupant des emplois de l'État classés dans la catégorie présentement dite hors échelle. Elle est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie", ce qui correspond au traitement d'un conseiller d'État ayant moins d'une année d'ancienneté dans son grade.

S'y ajoute l'indemnité de résidence, comme pour les fonctionnaires, au taux de 3 %. Selon l'article 2 de l'ordonnance précitée : "L'indemnité parlementaire est complétée par une indemnité dite de fonction". Le montant de cette indemnité est égal au quart du montant de l'indemnité parlementaire (indemnité parlementaire proprement dite majorée de l'indemnité de résidence)
Depuis le 1er février 2007, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes :
Indemnité de base : 5 400, 32 euros
Indemnité de résidence (3 %) : 162, 01 euros
Indemnité de fonction (25 % du total) : 1 390, 58 euros
Soit brut mensuel 6 952, 91 euros

Retenues obligatoires qui Doivent être déduites du brut mensuel diverses retenues :
Cotisation caisse des pensions 15 premières années de mandat : 1 153, 08 euros
Contribution exceptionnelle de solidarité : 55, 62 Euros
C.S.G. et C.R.D.S. : 539,55 euros
Cotisation au fonds de garantie de ressources : 27,00 euros
Soit net mensuel 5 177, 66 euros »




On constate donc que nos députés sont soumis à la CSG et au CRDS et que le montant mensuel alloué à la fameuse allocation est de 27.00 euros. Comme il y a 577 députés dans l’hémicycle, nous obtenons la somme faramineuse de 15579.00 euros. De quoi payer les allocations de trois députés battus !

Comment expliquer une telle différence par rapport au message ? Tout simplement parce comme son nom l'indique, cette allocation cesse dès le moment où l'ex député retrouve du travail (ce qui est quasiment automatique pour les fonctionnaires qui retrouvent leurs anciens postes et qui représentaient 53 % de l'ancien hémicycle, pour les avocats qui retournent dans leurs cabinets, pour les industriels qui reprennent les rennes de leurs entreprises, pour les docteurs et chirurgiens qui ...)
Les autres indemnités électives (Maire, conseiller, etc...) sont déduites de cette allocation.
Elle ne va donc concerner que les ex députés issus du privé et qui auront éventuellement du mal à trouver un débouché, peu de personnes en terme clair. Pour la dernière législature, cette allocation n’a concerné que onze députés.

Autre précision qui a son importance : Aux termes de la loi organique n° 92-175 du 25 février 1992, le député titulaire de mandats ou fonctions électorales locales ne peut cumuler les indemnités afférentes à ces mandats ou fonctions avec son indemnité parlementaire de base que dans la limite d'une fois et demie cette dernière. De telles indemnités sont actuellement ainsi plafonnées pour un député à 2 700,16 € par mois.

« Avant de quitter la présidence de l'Assemblée Nationale, Jean Louis Debré, nouveau président du conseil constitutionnel, a fait un joli cadeau à ses amis députés de tous les partis : une loi, votée en catimini par tous les groupes, permettant à tous les députés non-réélus en juin prochain, de continuer à percevoir leur indemnité parlementaire pendant encore 60 mois, au lieu de 6 actuellement (et oui les temps sont durs!) »

C’est le principal reproche adressé par tous les observateurs. Le principe de l’allocation n’est pas remise en cause par qui que ce soit mais par contre, ce qui est contesté c’est l’allongement de sa durée.

Comme nous l’avons déjà vu, ce n’est pas une loi, ce n’a pas été voté en catimini et cela a été publié au Journal Officiel.

« Bien entendu cette généreuse "indemnité chômage" est totalement inconditionnelle, et l'heureux bénéficiaire de cette jolie rémunération de 4 ans et demi, n'est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une activité justifiant cette "aide sociale", bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires. »

Le bénéfice de cette allocation ne concerne qu’un petit nombre d’ex député (Le maximum a été de onze députés lors de la dernière législature) et cesse dès le moment où l’ex député retrouve du travail ou exerce des mandats électifs.

« Voilà de quoi crève la République, de la corruption de ses élites, car évidemment aucun parti n'a protesté, vu que tous bénéficieront des largesses de M. Debré. »

L’UDF a protesté officiellement et a demandé, sans succès cependant, à revenir à l’ancien statut de six mois maximum d’indemnités.

« Vous êtes scandalisé, alors ne restez pas indifférents, diffusez ce message ! »

Tout à fait d’accord mais un message avec les véritables données et les véritables chiffres. La situation est suffisamment sur la corde raide sans en rajouter dans le n’importe quoi ! Et toujours penser à se rendre sur le site de Hoaxbuster quand vous recevez un mail !

Hoaxbuster : http://www.hoaxbuster.com/